Un milliard de dollars, dixième week-end en salle. Le plombier moustachu vient de faire un truc que personne d’autre n’a réussi cette année : devenir le premier film de 2026 à franchir la barre symbolique du milliard au box-office mondial.
« The Super Mario Galaxy Movie » a passé ce cap ce week-end, selon les chiffres du cabinet Comscore relayés par Variety et Deadline. Au compteur : 428,5 millions de dollars aux États-Unis et 571,5 millions sur le reste de la planète. Une suite, sortie le 1er avril, qui transforme une licence de jeu vidéo en machine à cash hollywoodienne.
Dix fois sa mise en quelques semaines
Le plus impressionnant n’est pas le milliard. C’est le ratio. Illumination, le studio français derrière Mario, a produit le film pour 110 millions de dollars. À titre de comparaison, une grosse production animée de Disney ou Pixar tourne souvent autour de 200 à 250 millions. Là, le studio fondé par Chris Meledandri rentre dans ses frais avant même de compter les recettes du merchandising, des futures diffusions et du streaming.
Dix fois la mise récupérée au box-office brut. Hollywood rêve de ces marges. Quand un blockbuster de super-héros doit franchir les 600 millions juste pour rentabiliser son budget de tournage et de marketing, Mario, lui, imprime du bénéfice depuis des semaines.
Toujours en dessous du premier épisode
Reste une nuance que les fans ont vite repérée. Le milliard est un cap, pas un record. Le premier film, « The Super Mario Bros. Movie » de 2023, avait terminé sa carrière en salle à près de 1,4 milliard de dollars. La suite galactique devra accélérer dans ses dernières semaines pour espérer s’en approcher.
Ce léger essoufflement n’a rien d’une catastrophe. Les suites animées dépassent rarement l’original au premier jour, et le contexte a changé. En 2023, le premier Mario profitait d’un public privé de grosses sorties familiales après le Covid. Trois ans plus tard, la concurrence est rude : « The Devil Wears Prada 2 » de Disney, le « Michael » de Lionsgate consacré à Michael Jackson et le « Project Hail Mary » d’Amazon MGM se disputent les mêmes salles.
Mario hisse Illumination dans la cour des grands
Au-delà du film, c’est toute la franchise qui change de dimension. Avec ses deux longs-métrages, l’univers Mario cumule désormais 2,3 milliards de dollars de recettes. De quoi déloger « Madagascar » et s’installer à la neuvième place des sagas animées les plus rentables de l’histoire.
Illumination, déjà connu pour les Minions, « Comme des bêtes » ou « Tous en scène », confirme son statut de studio le plus régulier du secteur. Pendant que d’autres maisons enchaînent les échecs coûteux, la recette reste la même : des budgets serrés, des personnages identifiables en une seconde, et un humour qui passe la barrière de l’âge. Mario coche toutes les cases.
La galaxie a aussi élargi son casting vocal. Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Jack Black, Charlie Day et Keegan-Michael Key reprennent leurs rôles, rejoints par Donald Glover, Glen Powell et Benny Safdie. Aaron Horvath et Michael Jelenic, déjà aux commandes du premier opus, signent de nouveau la réalisation.
Un succès qui se fabrique à Paris
Détail que peu de spectateurs connaissent : ces images léchées sortent en grande partie de Paris. Illumination confie l’animation à son studio Illumination Mac Guff, installé dans la capitale, où des centaines d’artistes français façonnent les expressions de Mario et les décors de la galaxie. Le studio américain pense l’histoire et le marketing, mais le rendu visuel, lui, est largement tricolore.
Cette particularité fait de la saga Mario l’un des plus gros employeurs de l’animation hexagonale. Chaque carton mondial du plombier irrigue un savoir-faire français rarement mis en lumière, coincé entre les géants américains et l’animation japonaise. Le milliard de dollars n’est donc pas qu’une affaire hollywoodienne.
Une année 2026 famélique avant l’arrivée du plombier
Que ce soit Mario qui débloque le premier milliard de l’année en dit long sur l’état du box-office. En temps normal, plusieurs films franchissent ce seuil dès le premier trimestre. Cette fois, il a fallu attendre juin et un film de jeu vidéo pour voir la barre tomber.
Les studios scrutent ce signal de près. Le cinéma en salle se cherche encore un rythme face au streaming, au point que le patron du cinéma chez Netflix expliquait récemment ne plus vouloir travailler avec les réalisateurs « qui réclament une sortie en salle ». Dans ce climat, voir une foule revenir pour Mario rassure tout un secteur.
Le record de la 16e place revient aussi à Mario : il devient le seizième film d’animation à atteindre le milliard, et le 61e tous genres confondus. Une liste très fermée, où trônent « Le Roi Lion », « La Reine des neiges » ou « Toy Story ».
La suite est déjà dans les tuyaux
Universal, Nintendo et Illumination n’ont aucune raison de s’arrêter. Avec deux films à plus d’un milliard cumulé et des coûts maîtrisés, la machine Mario est l’une des plus sûres du moment. Les trois partenaires ont déjà laissé entendre que Mario et Luigi n’avaient pas dit leur dernier mot.
La prochaine étape se jouera dans les semaines à venir : le film tentera de grimper vers les sommets de l’année et de se rapprocher du score du premier épisode. En attendant, le plombier a déjà gagné son pari le plus risqué, prouver qu’un jeu vidéo des années 80 peut encore remplir les salles en 2026.