Quarante-huit équipes au départ de cette Coupe du monde, une seule soulèvera le trophée le 19 juillet. À partir de ce dimanche, le moindre faux pas renvoie tout le monde à la maison. La France, qui a survolé sa poule, connaît déjà son premier juge de paix : la Suède, mardi, à deux pas de New York.

Le Canada et l’Afrique du Sud ouvrent les hostilités

Le tout premier match à élimination directe de cette Coupe du monde se joue ce dimanche soir à Los Angeles, sur la pelouse du SoFi Stadium. Le Canada, l’un des trois pays hôtes avec les États-Unis et le Mexique, y affronte l’Afrique du Sud. Les deux nations avancent main dans la main vers une grande première : aucune n’avait jamais disputé un tour couperet dans un Mondial masculin. Les Bafana Bafana avaient même quitté la compétition dès le premier tour en 2010, l’année où ils la recevaient chez eux. Ce dimanche, ils entrent dans l’inconnu. Deux invités surprises pour inaugurer une phase que le football mondial n’avait encore jamais connue.

Pourquoi ils sont 32 et non plus 16

Tout part d’une réforme. La FIFA a élargi son tournoi de 32 à 48 sélections, le premier vrai changement de format depuis 1998. La mécanique tient en peu de mots : douze groupes de quatre, les deux premiers de chaque poule qualifiés directement, auxquels s’ajoutent les huit meilleurs troisièmes. On obtient ainsi 32 rescapés au lieu de 16, et un tour entièrement neuf, les seizièmes de finale, glissé juste avant les huitièmes. Le nom parlera aux amateurs de Coupe de France ; il fait son entrée au sommet du football. Voulue par le président de l’instance Gianni Infantino, l’extension fait bondir le nombre de rencontres de 64 à 104 sur l’ensemble de l’épreuve, d’après le site officiel de la FIFA. Depuis la première édition disputée en 1930, jamais un Mondial n’avait aligné autant de matchs à enjeu. Concrètement, un pays peut désormais perdre une rencontre de poule et soulever malgré tout le trophée trois semaines plus tard.

Les Bleus ont fait le plein, la Suède s’est faufilée

La France se présente le couteau entre les dents, et avec un bilan parfait. Trois matchs, trois succès : 3-1 contre le Sénégal, 3-0 devant l’Irak, puis 4-1 face à la Norvège d’Erling Haaland. Neuf points, huit buts d’écart, une première place décrochée sans trembler. En face, la Suède a pris le chemin le plus sinueux. Bousculée dans une poule serrée, elle s’est qualifiée sur le fil, comme l’un de ces huit meilleurs troisièmes que le nouveau format vient tout juste d’inventer. On ne l’avait plus vue à pareil stade depuis plusieurs années, et elle arrive avec l’appétit de celle qui n’a rien à perdre. Les deux équipes se retrouvent mardi au MetLife Stadium d’East Rutherford, dans le New Jersey, précisent ESPN et Sky Sports. Le coup d’envoi sera donné en soirée, heure de Paris, sur la pelouse même qui accueillera la finale trois semaines plus tard.

Un sacre désormais à huit matchs

Le tour supplémentaire ne touche pas qu’au nombre de qualifiés. Pour soulever la coupe le 19 juillet, le vainqueur devra disputer huit rencontres, contre sept lors des éditions précédentes. Une partie de plus, c’est davantage de fatigue, de cartons, de blessures, et autant d’occasions de trébucher pour les favoris. L’élargissement a aussi offert une scène à des sélections qui n’y avaient jamais goûté. L’Équateur s’est chargé du premier coup d’éclat : mené par l’Allemagne, il a renversé le quadruple champion du monde 2-1, Gonzalo Plata signant le but de la bascule à un quart d’heure du terme, rapporte Al Jazeera. La Mannschaft a tout de même fini en tête de son groupe, mais le message était passé. Les cadors le savent : c’est souvent dans ces tours que les Coupes du monde se gagnent ou s’effondrent.

Un format qui divise autant qu’il rassemble

Cette Coupe du monde format XXL ne fait pas l’unanimité. Ses partisans saluent une fête élargie, des pays entiers découvrant pour la première fois la plus grande scène du sport. Ses détracteurs redoutent une dilution, des fins de poule sans véritable enjeu et un calendrier qui pousse des joueurs déjà à bout. La règle des huit meilleurs troisièmes, surtout, a fait durer le suspense jusqu’au dernier soir : plusieurs sélections ont dû attendre les résultats des autres groupes pour savoir si elles passaient. Une chose est sûre, à partir des seizièmes, les calculs s’arrêtent. On gagne, ou on rentre.

Trois pays, des milliers de kilomètres

Le casse-tête n’est pas seulement sportif. Disputée pour la première fois dans trois pays, l’épreuve impose des trajets démesurés entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, et des chaleurs parfois écrasantes dans les stades du Sud. Plusieurs fuseaux horaires séparent les villes hôtes, un paramètre que les staffs anticipent depuis des mois. Les seizièmes de finale s’étirent de ce dimanche au 3 juillet, à raison de plusieurs rencontres par jour. Dans ce marathon, la fraîcheur physique pourrait peser autant que le talent au moment d’aborder les chocs.

Ce que la France joue mardi à New York

Pour les Bleus, le premier piège porte un nom : la décompression. Premiers de leur groupe et favoris désignés, ils retrouvent une Suède qui n’a plus rien à perdre. Le vainqueur de mardi filera en huitièmes de finale, à un cap des quarts. Et tout au bout du parcours se dresse une finale programmée le 19 juillet, dans ce même MetLife Stadium où la France passera après-demain son premier examen. Quatre-vingt-dix minutes, prolongation s’il le faut, puis tirs au but. À partir de maintenant, plus personne n’a droit à l’erreur.