Trois buts à zéro contre la Suède, un doublé de Kylian Mbappé, et les Bleus ont composté leur billet pour les huitièmes de finale sans jamais trembler. Leur récompense a pourtant des allures de piège : le Paraguay, qui vient d’éliminer l’Allemagne, les attend samedi à Philadelphie.
La Suède balayée sans forcer
Mardi 30 juin au MetLife Stadium, dans la banlieue de New York, la France a déroulé son football. Mbappé a ouvert le score juste avant la pause, d’un plat du pied consécutif à une remise de Michael Olise, avant de doubler la mise à l’heure de jeu. Entre les deux réalisations, Bradley Barcola, l’ailier passé par Lyon et aujourd’hui au Paris Saint-Germain, a inscrit à 23 ans son troisième but du tournoi. Score final de 3-0, qualification jamais discutée.
Ce match comptait pour les seizièmes de finale, une étape nouvelle dans l’histoire du Mondial. Avec 48 équipes au lieu de 32, l’édition 2026 a ajouté un tour à élimination directe avant les huitièmes. Les Bleus ont franchi ce palier supplémentaire pour rejoindre le tableau des seize meilleures nations. Premiers de leur groupe après trois victoires en trois matchs, ils n’ont pas encore perdu la moindre rencontre depuis le début de la compétition.
Depuis le coup d’envoi du tournoi, l’attaque française tourne à plein régime. Selon franceinfo, les hommes de Didier Deschamps sont devenus la première sélection à marquer au moins trois buts lors de cinq rencontres consécutives. Olise, le meneur de jeu du Bayern Munich, cumule cinq passes décisives et s’est imposé comme le cerveau de cette équipe. Ousmane Dembélé, lui, apporte le déséquilibre sur le côté droit. La mécanique offensive n’a connu aucun raté jusqu’ici.
Mbappé passe Klose, Messi en ligne de mire
Le doublé face à la Suède n’a pas seulement validé la qualification. Il a fait basculer une ligne dans les livres de records. Avec six buts sur ce Mondial et dix-huit au total sur trois éditions, Kylian Mbappé a dépassé l’Allemand Miroslav Klose et ses seize réalisations, une référence qui tenait depuis 2014. D’après les statistiques de la FIFA, le capitaine des Bleus devient le deuxième meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde.
Devant lui ne subsiste qu’un nom, celui de Lionel Messi et ses dix-neuf buts. L’Argentin a eu besoin de cinq tournois pour les inscrire. Le Français, à 27 ans, en est à sa troisième participation. Deux buts avant la fin de l’aventure américaine suffiraient à installer Mbappé seul en tête d’un classement que personne n’avait bousculé depuis des décennies. La perspective donne une saveur particulière à chacune de ses touches de balle.
Le Paraguay a déjà fait tomber l’Allemagne
La fête pourrait toutefois tourner court. Le Paraguay n’a rien d’un adversaire de gala. En seizièmes, les Guaranis ont sorti l’Allemagne, quadruple championne du monde, au terme d’une séance de tirs au but (1-1, puis 4 tirs au but à 3) disputée à Boston le 29 juin, rapporte l’AFP. Le résultat a mis fin au parcours allemand et propulsé une sélection sud-américaine que peu voyaient à pareille hauteur. Le Paraguay signe là son meilleur parcours dans un Mondial depuis plus de dix ans.
Cette équipe se reconnaît à une défense compacte et à des transitions tranchantes. Face à des Allemands longtemps maîtres du ballon, elle a tenu bon, puis a fait la différence dans l’exercice des penalties, là où le mental compte autant que la technique. De quoi rappeler aux Français qu’un favori ne franchit jamais un match couperet à l’économie.
38 °C attendus un 4 juillet à Philadelphie
Le décor du huitième ajoute une contrainte que le tableau ne laisse pas deviner. La rencontre se disputera au Lincoln Financial Field de Philadelphie, samedi, à 23 heures en France, soit 17 heures sur place, en plein après-midi. Le service météo américain annonce jusqu’à 38 °C, assortis de possibles orages violents en soirée. Le rendez-vous tombe le jour de la fête nationale américaine, qui célèbre cette année ses 250 ans.
La chaleur s’est imposée comme l’un des fils rouges de ce Mondial nord-américain, disputé en plein été sur trois pays. Plusieurs sélectionneurs ont déjà dénoncé la fatigue accumulée et un rythme haché par les pauses fraîcheur imposées par la FIFA. Pour des Bleus habitués aux pelouses européennes, gérer l’effort sous une telle température fait partie de l’équation, au même titre que le pressing paraguayen.
Un parfum de 1998, le Maroc en embuscade
Pour les supporters français, cette affiche réveille un souvenir précis. En 1998, à Lens, la France avait déjà croisé le Paraguay en huitièmes de finale. Laurent Blanc y avait inscrit le premier but en or de l’histoire des Bleus, à la 114e minute, pour arracher un succès 1-0. Cet été-là s’était achevé par une première étoile. La coïncidence ne prédit rien, mais elle alimente les conversations d’avant-match.
En cas de qualification, un quart de finale se dessine face au Maroc, demi-finaliste surprise en 2022 et devenu une place forte du football mondial, souligne Eurosport. L’affiche promettrait un choc de haut vol, à condition que chacun tienne son rang. La France, elle, garde en mémoire la finale perdue contre l’Argentine en 2022, aux tirs au but, malgré un triplé de Mbappé. Une leçon sur la fragilité des certitudes.
Le coup d’envoi sera donné samedi à 23 heures, heure de Paris. D’ici là, Deschamps devra jauger la fraîcheur de son groupe et trancher entre faire souffler ses cadres ou aligner d’entrée son meilleur onze. À ce stade de la compétition, la règle ne souffre aucune nuance : une seule défaite, et le rêve américain s’arrête net.