Vingt-huit ans après la potion de minuit, Sally et Gillian Owens ressortent leur bol en argent. Warner Bros. a mis en ligne lundi la première bande-annonce des Ensorceleuses 2, sa suite tardive portée par Sandra Bullock et Nicole Kidman. Sortie calée au 11 septembre 2026 dans les salles américaines.
Le teaser avait d’abord été montré aux exploitants de salles réunis au CinemaCon de Las Vegas la semaine précédente, selon Variety. Warner a ensuite ouvert les vannes au grand public lundi, glissant au passage un avertissement glaçant de Bullock à Kidman face caméra : « Everyone we love dies », « Tous ceux qu’on aime meurent ». L’originelle traquait déjà les hommes qui aimaient une Owens et finissaient par y passer. La suite promet de remonter la piste, cette fois jusqu’aux racines de la famille.
Vingt-cinq ans dans la fiction, vingt-huit dans la vraie vie
Le premier film, Practical Magic chez les anglophones et Les Ensorceleuses en France, date de 1998. Il avait démarré poussivement au box-office américain, descendu par la critique, avant de prendre racine à la télévision et dans les soirées d’Halloween. La version rebelote arrive littéralement une génération plus tard. Selon Deadline, le scénario se place vingt-cinq ans après les événements du premier volet, ce qui suit à peu près l’horloge du monde réel.
L’histoire part du roman d’Alice Hoffman sorti en 2021, The Book of Magic, quatrième et dernier tome de la série littéraire Practical Magic. Hoffman avait publié le livre fondateur dès 1995, trois ans avant son adaptation au cinéma. L’écrivaine figure cette fois parmi les producteurs exécutifs, aux côtés de Bullock et Kidman, devenues officiellement productrices du projet.
La malédiction qui change de continent
Le synopsis officiel vendu par Warner est resté volontairement flou pendant des mois. La fiche Wikipédia et les dossiers de presse convergent désormais : la famille Owens quitte sa petite ville de Nouvelle-Angleterre pour rejoindre le Royaume-Uni, où se cacherait la source du sort qui tue les hommes amoureux des sorcières de la lignée. Sally, désormais mère de deux jeunes femmes, découvre que l’une de ses filles développe à son tour des pouvoirs, plus sombres que les siens.
La bande-annonce le confirme à grands renforts d’abbayes en ruines, de falaises battues par le vent et d’une vieille bibliothèque où les sœurs Owens tombent sur un livre relié en cuir. Le ton reste celui du premier : comédie noire, romance tordue, scènes de cuisine où des margaritas se préparent à la mode sorcière. Le slogan « Les femmes Owens vont encore faire parler d’elles » clôt la vidéo.
Une nouvelle génération de sorcières
Le renfort intergénérationnel pèse sur le casting. Joey King, vue dans The Kissing Booth, et Maisie Williams, la Arya Stark de Game of Thrones, campent deux jeunes Owens de la génération suivante. Lee Pace, silhouette familière des amateurs de Foundation, rejoint l’aventure dans un rôle que Warner refuse pour l’instant de détailler. Solly McLeod et Xolo Maridueña, connu pour Cobra Kai et Blue Beetle, complètent la nouvelle garde.
La vieille garde signe un retour intégral. Stockard Channing et Dianne Wiest reprennent leur rôle des tantes Frances et Jet, piliers comiques du premier film. Cette continuité est rare pour une suite séparée par presque trois décennies. Dans le Le Diable s’habille en Prada 2, prévu lui aussi pour 2026, certains rôles secondaires ont dû être réécrits faute de comédiens disponibles. Les Ensorceleuses repartent au complet.
Susanne Bier aux commandes d’un tournage british
Derrière la caméra, la réalisatrice danoise Susanne Bier prend la suite de Griffin Dunne, metteur en scène du film de 1998. Oscar 2011 pour Revenge, gagnante d’un Emmy pour la série The Night Manager, Bier est surtout passée par Netflix avec Bird Box et la comédie The Perfect Couple. Elle hérite d’un scénario co-écrit par Akiva Goldsman, déjà derrière le premier film, et Georgia Pritchett, ancienne de Succession.
Le tournage a eu lieu entre juillet et septembre 2025, principalement aux studios Warner de Leavesden, dans le Hertfordshire. L’équipe a aussi posé ses caméras dans le Devon et à Londres, selon le dossier de production. Ce choix britannique alimente le virage géographique du scénario. Le budget n’a pas été communiqué. À titre de repère, le premier film avait coûté 75 millions de dollars en 1998 pour 68 millions au box-office américain, un demi-échec rattrapé ensuite par les ventes de DVD et les rediffusions d’automne.
Le calendrier hollywoodien des suites tardives
La date du 11 septembre 2026 place le film en ouverture de la saison des films pour adultes, entre la rentrée scolaire et l’emballement des prétendants aux Oscars. Warner vise un public qui a grandi avec le premier volet et se situe aujourd’hui entre 35 et 50 ans. L’étude d’audience réalisée par le studio, citée par Deadline, table sur un pic d’attention féminin à partir de la quarantaine.
Hollywood multiplie ces retours tardifs depuis deux ans. Twisters a ressuscité en 2024 la franchise de 1996 avec Glen Powell, Top Gun : Maverick avait ouvert la voie dès 2022, trente-six ans après l’original. Le Le Diable s’habille en Prada 2, annoncé également chez Disney pour 2026, rebranche Meryl Streep et Anne Hathaway vingt ans après. La recette repose sur un double levier : la nostalgie du public d’origine et la curiosité des plus jeunes, qui redécouvrent les premiers films via TikTok et les plateformes de streaming.
La date française n’a pas encore été arrêtée par Warner France, mais les suites américaines sortent habituellement en France la même semaine ou celle d’après, parfois en avance pour capter la rentrée. Le film devrait donc arriver dans les salles tricolores autour de la mi-septembre 2026. D’ici là, Bullock et Kidman entament à partir de juin une tournée promotionnelle qui passera par Londres, New York et le festival de Toronto en septembre.