Cinq buts pour Paris, quatre pour le Bayern, et un sauvetage de Willian Pacho sur sa propre ligne dans les arrêts de jeu. Le Parc des Princes a vécu mardi soir l’une des demi-finales aller de Ligue des champions les plus folles de son histoire. Avantage PSG, 5-4, mais l’étape retour à l’Allianz Arena, mercredi 6 mai, s’annonce piégée.

Kane frappe en premier, Kvara rallume le Parc

Le Bayern n’a pas mis longtemps à fissurer la fête parisienne. À la 17e minute, Harry Kane convertit un penalty obtenu après une faute dans la surface, et fait taire la tribune Auteuil. Le silence dure huit minutes. À la 25e, Khvicha Kvaratskhelia conclut un contre éclair lancé par Désiré Doué, et signe sa neuvième réalisation de la saison en Ligue des champions. Huit minutes plus tard, João Neves jaillit sur un corner de Vitinha et envoie une tête plongeante dans la lucarne. À la 33e, Paris mène 2-1 et le Parc s’allume comme un soir de finale.

L’égalisation tombe pourtant à la 41e. Michael Olise, formé à Reading et passé par Crystal Palace avant de rejoindre le Bayern à l’été 2024, reçoit un ballon en retrait, élimine deux Parisiens et trompe Donnarumma d’une frappe croisée du droit. L’ancien parisien des centres de formation cohabite avec son club d’enfance le temps d’un slalom, et fait mal. Avant la pause, l’arbitre désigne le point de penalty pour une faute sur Doué : Ousmane Dembélé prend ses responsabilités et redonne l’avantage à Paris (3-2, 45+5e).

Le PSG déroule à 5-2 avant l’heure de jeu

Au retour des vestiaires, le scénario s’emballe. Dès la 56e, Kvaratskhelia décale sa frappe à l’entrée de la surface, le ballon échappe à Manuel Neuer (4-2). Dembélé enchaîne deux minutes plus tard, profite d’un mauvais alignement de la défense bavaroise et glisse sa réalisation entre les jambes du gardien allemand. À la 58e, le tableau d’affichage indique 5-2 pour Paris. Les supporters chantent déjà l’Estadio Atlético Nacional de Madrid, où la finale est programmée le 30 mai.

Le Bayern donne l’impression de céder. Vincent Kompany, l’entraîneur belge, suit la rencontre depuis les tribunes après une suspension écopée lors du quart de finale. Sur le banc bavarois, son adjoint peine à recaler la défense, alors que Joshua Kimmich multiplie les gestes d’agacement. La presse allemande, citée par L’Avenir, parlait avant-match d’un Bayern privé de plusieurs cadres. À la 60e, le verdict semble écrit.

Upamecano relance, Luis Díaz fait trembler Paris

Le scénario s’inverse à la 65e. Sur un corner mal négocié par Marquinhos, Dayot Upamecano fend le rideau parisien et trompe Donnarumma de la tête (5-3). Cinq minutes plus tard, Luis Díaz, arrivé l’été dernier en provenance de Liverpool, arme une frappe lointaine qui se loge dans la lucarne. Donnarumma touche le ballon mais ne peut le détourner. Le Parc, qui dansait quinze minutes plus tôt, retient désormais son souffle.

Les arrêts de jeu virent au cauchemar. À la 90+3, Harry Kane se présente seul devant le but vide après une déviation. Sa tête file au ras du poteau. Willian Pacho s’élance et dégage le ballon de sa propre ligne, validant l’avantage parisien. Selon les notes publiées par L’Équipe, le défenseur équatorien est l’un des hommes de la rencontre, aux côtés du Géorgien Kvaratskhelia. À l’écran, la statistique tombe : neuf buts dans une demi-finale aller, du jamais-vu depuis Eintracht Francfort-Glasgow Rangers en 1960 (12-4 sur les deux manches), un record exhumé par les comptes statistiques de l’UEFA.

Un record dormant depuis 66 ans

Ce 5-4 entre dans une catégorie rarissime. Les bases historiques de la compétition recensent moins d’une dizaine de demi-finales aller à neuf buts ou plus dans l’histoire de la Coupe d’Europe des clubs champions, et aucun depuis l’introduction du format actuel en 1992. Le rapprochement avec 1960 a été relayé par plusieurs comptes spécialisés et confirmé par les statistiques officielles UEFA. À l’échelle individuelle, Kvaratskhelia franchit la barre des neuf buts en C1 cette saison et se hisse dans le sillage de Kylian Mbappé, parti au Real Madrid en 2024.

Côté Bayern, Harry Kane reste le meilleur buteur de la compétition. Mais l’attaquant anglais avait déjà manqué un face-à-face décisif lors de la finale de l’édition précédente. Outre-Manche, la BBC notait avant le coup d’envoi que le club bavarois n’avait jamais perdu une demi-finale après avoir remporté l’aller, mais qu’il avait à l’inverse souvent vu ses avances fondre lorsqu’il avait laissé filer le premier acte.

Dembélé tempère, Luis Enrique refuse de sourire

Auteur d’un doublé, Ousmane Dembélé n’affichait pas la moindre euphorie devant les caméras. « Contents du résultat, mais on aurait pu faire mieux », a glissé l’international français à Canal+, propos relayés par CulturePSG. Le ton, glacial, contraste avec la performance offensive. Luis Enrique a poursuivi sur la même ligne en conférence de presse. Le technicien espagnol, qui a soulevé la Ligue des champions à Munich en juin 2025 dès sa deuxième saison parisienne, sait qu’aucune avance ne se défend tranquillement en Allemagne.

Le PSG, qui restait sur une victoire 3-0 à Angers en championnat trois jours plus tôt, a montré son meilleur visage offensif sur une heure de jeu. La dernière demi-heure raconte une autre histoire : domination bavaroise, occasions concédées, fébrilité défensive. Marquinhos, capitaine et auteur de la faute sur le penalty initial, a été visé par les notes les plus sévères dans les classements d’après-match.

Munich, dans une semaine, sans filet

Le retour est programmé mercredi 6 mai à 21 heures à l’Allianz Arena. Vincent Kompany retrouvera son banc et pourra peser sur les choix tactiques. La presse allemande s’attend à un onze de départ remanié, avec le retour annoncé de Jamal Musiala, sorti sur blessure il y a trois semaines. Le Bayern partira avec une certitude : il a marqué deux buts en cinq minutes face à Paris, dans le stade le plus chaud de France. À domicile, l’opération paraît jouable.

Pour Paris, le calcul est limpide. Une défaite par un but d’écart envoie les Parisiens en finale. Une défaite 2-0 force la prolongation, voire les tirs au but si le score cumulé reste à 6-5 pour le PSG. Une défaite par trois buts ou plus prive Luis Enrique d’une finale qu’il pensait à portée. La rencontre sera diffusée sur Canal+ Foot et RMC Sport. Si Paris franchit l’obstacle, la finale aura lieu le 30 mai à Madrid, face au vainqueur d’Arsenal-Real Madrid prévu mercredi à l’Emirates.