Dans le film, une tablette tactile pique la vedette à Woody et Buzz. Dans les salles, c’est l’inverse qui se produit. Toy Story 5 décolle les familles de leurs écrans pour les rasseoir devant un grand, et le résultat donne le vertige : 808 millions de dollars encaissés en trois semaines.

Le cinquième épisode de la saga Pixar a franchi la barre des 800 millions dans le monde vingt jours seulement après sa sortie, d’après les chiffres compilés par Box Office Mojo et relayés par Variety et Deadline. Il ne lui reste plus qu’un cap à passer, le plus symbolique de tous : le milliard.

Le plus gros démarrage de l’année

Le film a frappé fort d’entrée. Son premier week-end mondial a rapporté 312 millions de dollars, dont 160 aux États-Unis et au Canada, le meilleur lancement de toute l’histoire de la franchise. Sur le sol américain, un seul autre film d’animation a fait mieux pour un premier week-end : Les Indestructibles 2, un autre Pixar, en 2018.

Trois week-ends plus tard, le compteur grimpe à 808,6 millions de dollars, dont 381 millions aux États-Unis et 427 à l’international. Ce total installe Toy Story 5 sur la troisième marche des plus gros succès hollywoodiens de 2026, derrière le film Super Mario Galaxy et son 1,009 milliard, puis le biopic consacré à Michael Jackson, arrêté à 991 millions. La critique a suivi : le site Rotten Tomatoes affiche 93 % d’avis favorables chez les professionnels et 95 % du côté des spectateurs.

Un tel démarrage tranche avec l’ambiance des dernières années. Depuis la pandémie, les studios peinent à convaincre les familles de quitter le canapé et les plateformes pour une séance en salle. Les dessins animés, longtemps valeur sûre du box-office, avaient particulièrement souffert de la concurrence du streaming. Le score de Toy Story 5 envoie le signal inverse : quand la sortie devient un événement, les parents ressortent le porte-monnaie.

Une tablette contre une bande de jouets

L’intrigue reprend deux ans après le quatrième volet. Bonnie, la petite fille qui a hérité de Woody et de sa bande, s’est trouvé une nouvelle passion : Lilypad, une tablette bavarde à laquelle Greta Lee prête sa voix. Les jouets, eux, doivent composer avec cet écran qui aspire toute l’attention de l’enfant. Tom Hanks reprend la voix de Woody, Tim Allen celle de Buzz l’Éclair, Joan Cusack celle de Jessie.

À la réalisation, on retrouve Andrew Stanton, déjà à l’origine du Monde de Nemo et de WALL-E. Le budget atteint 250 millions de dollars, l’un des plus élevés jamais alignés par le studio pour un dessin animé. Le clin d’œil n’échappe à personne : un film qui raconte comment les écrans grignotent l’enfance est justement celui qui arrache les enfants à leurs tablettes pour les emmener au cinéma.

Ce ressort scénaristique tombe en plein débat sur le temps d’écran des plus jeunes. En confiant à Bonnie une tablette qui parle et qui capte, le film met en scène une inquiétude que beaucoup de parents connaissent, sans jamais verser dans la leçon de morale. De quoi donner au cinquième volet une portée qui dépasse le simple divertissement pour enfants.

Autour des voix historiques, la distribution accueille des nouveaux venus, de l’animateur Conan O’Brien au comédien Craig Robinson. Une manière pour Pixar d’élargir sa galerie de personnages trente ans après le tout premier Toy Story, sorti en 1995 et devenu le premier long-métrage entièrement réalisé en images de synthèse.

Pixar sortait d’une zone de turbulences

Ce carton tombe au bon moment. Après Toy Story 4 et son 1,073 milliard de dollars en 2019, le studio a enchaîné plusieurs années compliquées. La pandémie a expédié Soul, Luca et Alerte rouge directement sur Disney+, sans passage en salle. Buzz l’Éclair, lancé au cinéma en 2022, a déçu avec un peu plus de 200 millions au niveau mondial, très loin des espoirs placés dans le personnage.

C’est Vice-versa 2 qui a relancé la machine en 2024, avec près de 1,7 milliard de dollars et le titre de plus gros film d’animation de l’histoire. Toy Story 5 confirme la tendance : le public revient dans les salles quand on lui propose une marque qu’il connaît par cœur. Le nouveau volet pointe déjà au neuvième rang des plus gros succès jamais signés par Pixar, dépassant au passage les scores de Monstres Academy, Là-haut et Les Indestructibles.

La France a fait le plein

L’Hexagone a tenu sa place. Toy Story 5 est sorti dans les salles françaises le 17 juin, deux jours avant les États-Unis, pour un métrage d’une heure quarante-deux. Sur son week-end d’ouverture, la France a pesé 7,2 millions de dollars, ce qui la range parmi les meilleurs marchés étrangers, derrière le Mexique, le Royaume-Uni et la Chine.

La Fête du Cinéma, organisée du 28 juin au 1er juillet, a prolongé la dynamique. Avec des places à cinq euros dans les salles participantes, les familles ont afflué en pleine exploitation du film. Le calendrier arrangeait Disney, qui avait placé sa grosse cartouche de l’été juste avant les vacances scolaires.

Le milliard n’est plus qu’une question de jours

Reste ce seuil que peu de films atteignent. En passant les 800 millions, Toy Story 5 s’est déjà assuré de devenir le premier long-métrage à un milliard de dollars pour Disney en 2026. Il rejoindrait alors un club très fermé au sein de la saga : après Toy Story 3 en 2010 et Toy Story 4 en 2019, il serait le troisième épisode à décrocher ce cap, les deux précédents ayant terminé autour de 1,07 milliard.

Le record de la franchise, détenu par le quatrième film, se rapproche à vue d’œil. Au rythme des dernières semaines, il ne manque plus que quelques séances pour que Woody et Buzz s’offrent le plus gros score de leur carrière, pendant que la tablette du scénario, elle, reste bien rangée dans l’histoire.