À peine une semaine de répit. La France sort tout juste de la canicule de juin, celle qui a offert la journée la plus chaude jamais mesurée dans le pays, et la chaleur repart déjà à l’assaut. Sept départements du sud sont repassés en vigilance orange, et une masse d’air brûlant doit recouvrir une large moitié du territoire à partir de mardi.
Sept départements déjà en alerte orange
Ce week-end, Météo-France a placé en vigilance orange canicule les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, le Vaucluse, la Drôme et l’Ardèche, du 5 au 7 juillet. Vingt-trois autres départements sont passés en jaune. Pour le pourtour méditerranéen et la vallée du Rhône, il n’y a donc quasiment pas eu de pause. Les orages qui ont clos l’épisode de juin ont fait retomber le thermomètre sur la moitié nord, beaucoup moins dans le sud.
franceinfo souligne que cette poussée touche d’abord le Languedoc et le couloir rhodanien, deux secteurs où l’air chaud s’accumule vite et se vide mal. Le reste du pays souffle encore un peu, mais plus pour longtemps.
La barre des 40 degrés déjà franchie en juin
Pour comprendre l’inquiétude, il faut revenir trois semaines en arrière. La vague de chaleur de juin a démarré le 17 et s’est étirée jusqu’au 30. Le 18, le seuil des 40 °C tombait pour la première fois de l’année, avec 40,2 °C relevés à Montmorillon, dans la Vienne. Plusieurs villes ont battu leurs records mensuels: 37 °C à Strasbourg et Troyes, 36 °C à Paris et Lyon, 35 °C à Lille et Bordeaux.
Le sommet a été atteint le 24 juin. Selon Météo-France, cette journée est devenue la plus chaude jamais mesurée à l’échelle nationale, tous mois confondus, moyennes de température à l’appui. Un record qui pèse forcément sur la lecture des jours à venir.
Un dôme de chaleur venu du Maghreb
Le scénario est désormais bien calé. À partir du mardi 7 juillet, un air très chaud remonte d’Afrique du Nord et d’Espagne, puis se bloque sur l’Europe de l’Ouest, de la péninsule Ibérique au Benelux. Ce type de blocage, baptisé dôme de chaleur, emprisonne la masse d’air plusieurs jours au même endroit et empêche les nuits de rafraîchir vraiment.
Le mercure doit repasser au-dessus de 35 °C sur de larges secteurs. Dans les vallées, les plaines intérieures et les villes, les prévisionnistes attendent 38 à 40 °C. Au sud de la Loire, la fourchette tourne autour de 34 à 37 °C, avec près de 37 °C de Montpellier jusqu’à Bordeaux. Fait rare, le modèle européen et le modèle américain, qui se contredisent souvent, pointent cette fois dans la même direction. Tous deux placent le pic probable autour du 10 juillet.
Pourquoi les 45 degrés ne tiennent pas
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications très relayées promettent une « canicule 2 » à 45 °C dès le 6 juillet. Aucun service météorologique de référence ne valide ce chiffre. La Chaîne Météo comme MeteoConsult tablent sur 38 à 40 °C au plus fort de l’épisode, soit un cran sous les excès de juin.
La différence se lit dans l’écart à la normale. En juin, certaines stations dépassaient de 10 °C les valeurs de saison. Cette fois, les modèles retiennent un surplus de 3 à 5 °C. L’idée d’une troisième canicule « historique » avant le 14 juillet reste donc très fragile, d’autant que, passé dix jours, la fiabilité d’une prévision chute sous les 50 %. Rien n’est figé, et la carte de vigilance sera revue chaque matin.
Le vrai danger se joue sous nos pieds
Si l’intensité fait moins peur que prévu, le terrain, lui, a changé. La chaleur revient sur des sols déjà asséchés par juin. D’après Météo-France, l’humidité superficielle des sols frôle ses plus bas niveaux relevés à cette période dans plusieurs régions, de l’Aquitaine au Limousin, en passant par l’Alsace, l’Auvergne et l’Occitanie. Seules les années 1976, 2011 et 2022 ont connu des sols aussi secs début juillet.
Cette sécheresse produit deux effets immédiats. Elle fragilise des cultures déjà éprouvées par un printemps peu arrosé, et elle gonfle le risque d’incendie. La végétation sèche du littoral méditerranéen et de la façade atlantique s’embrase plus vite, et les feux de broussaille se multiplient. Un deuxième coup de chaud, même modéré, sur un sol aussi vulnérable, n’a rien d’anodin.
La nuit n’apporte plus le soulagement d’autrefois. Lors des derniers pics, le thermomètre est resté au-dessus de 20 °C jusqu’au petit matin dans beaucoup de villes, ces « nuits chaudes » que Météo-France surveille de près, car elles empêchent l’organisme de récupérer. Ce sont elles qui pèsent le plus lourd sur les personnes âgées, les nourrissons et les malades chroniques, premières victimes des étés qui s’allongent.
Une fréquence qui n’a plus rien de rare
L’épisode de juin était la 52e vague de chaleur recensée en France depuis 1947. Le détail donne le vertige: les deux tiers sont survenues depuis 2000, et la moitié après 2010. Il a donc fallu soixante ans pour cumuler la première moitié de ces épisodes, et quinze ans seulement pour la seconde.
Pour la suite, Météo-France retient dans ses prévisions saisonnières un été plus chaud que la normale, surtout sur l’est et la Corse. L’agence évoque aussi le retour probable d’El Niño à partir de l’été, un phénomène qui tire les températures mondiales vers le haut. Deux canicules en trois semaines ne ressemblent plus à un accident isolé.
En attendant, les consignes restent les mêmes: fermer les volets en journée, boire avant d’avoir soif, prendre des nouvelles des voisins âgés. Santé publique France regroupe ses conseils sur sa plateforme « Mieux vivre avec la chaleur », et le numéro vert Canicule info service, le 0800 06 66 66, demeure joignable. Le pic est attendu autour du 10 juillet. D’ici là, la carte de vigilance dira, département par département, jusqu’où la barre grimpe.